Une nouvelle option de traitement pour le TDAH en France : ce que cela change vraiment

Depuis 2025, une nouvelle option de traitement du TDAH est disponible en France : la lisdexamfétamine (Xurta).

Ce médicament n’est pas nouveau à l’échelle internationale. Il est utilisé depuis plusieurs années dans d’autres pays.

Ce qui est récent, en revanche, c’est son arrivée en France.

C’est cette évolution qui soulève aujourd’hui des questions chez de nombreux parents :
Est-ce que cela change la prise en charge ?
Est-ce que c’est différent de ce qui existait déjà ?

 

Une évolution du traitement du TDAH en France

Pendant longtemps, le traitement médicamenteux du TDAH en France reposait presque exclusivement sur le méthylphénidate.

L’arrivée de la lisdexamfétamine ne remplace pas ce traitement.
Elle vient apporter une option supplémentaire, dans des situations où le méthylphénidate n’est pas suffisamment efficace ou mal toléré.

Selon la Haute Autorité de Santé, elle s’inscrit dans une prise en charge globale et reste une option de seconde intention chez l’enfant à partir de 6 ans.

 

Comment fonctionnent les médicaments du TDAH dans le cerveau

Le TDAH implique un fonctionnement particulier de certaines zones du cerveau, notamment celles qui gèrent l’attention, l’organisation et le contrôle des comportements.

Ces zones reposent en grande partie sur deux neurotransmetteurs : la dopamine et la noradrénaline.

Ces messagers permettent de maintenir l’attention, filtrer les distractions, réguler les réactions et soutenir l’effort dans le temps.

Dans le TDAH, le problème n’est pas simplement un manque, mais une régulation moins efficace de ces systèmes.

Les traitements vont donc agir en augmentant la disponibilité synaptique de ces neurotransmetteurs, afin d’améliorer la transmission de l’information entre les neurones.

 

Méthylphénidate et lisdexamfétamine : une différence de fonctionnement

Le méthylphénidate agit principalement en inhibant la recapture de la dopamine et de la noradrénaline.
Autrement dit, il permet à ces neurotransmetteurs de rester actifs plus longtemps dans la synapse.

La lisdexamfétamine agit de manière plus large.
Elle augmente à la fois la libération et la disponibilité synaptique de ces neurotransmetteurs.

Cette différence de mécanisme peut se traduire, chez certaines personnes, par un effet plus continu dans la journée, avec une durée d’action pouvant aller jusqu’à environ 13 heures.

Ces différences expliquent pourquoi deux enfants avec un diagnostic similaire peuvent avoir des réponses très différentes au traitement.

Il ne s’agit pas d’un médicament meilleur qu’un autre, mais de profils d’action différents.

 

Quel est le rôle de la sérotonine dans le TDAH ?

La sérotonine est souvent mentionnée, mais elle n’est pas la cible principale des traitements du TDAH.

Elle intervient surtout dans la régulation de l’humeur et des émotions.

Les médicaments comme le méthylphénidate ou la lisdexamfétamine agissent principalement sur la dopamine et la noradrénaline.

 

Ce que disent les recommandations de la HAS

La Haute Autorité de Santé rappelle plusieurs points essentiels.

Le diagnostic du TDAH est un diagnostic clinique.
Il repose sur une évaluation approfondie, incluant l’histoire de l’enfant, l’analyse des symptômes et leur retentissement dans plusieurs domaines de vie (école, famille, relations sociales).

Il ne peut pas être posé sur la base d’un simple questionnaire ou d’un test isolé.

La prise en charge doit être globale et adaptée à chaque situation.
Elle associe des interventions éducatives, environnementales et, lorsque cela est nécessaire, un traitement médicamenteux.

 

Un traitement strictement encadré sur le plan médical

Les médicaments du TDAH ne sont jamais en accès libre.

Le méthylphénidate comme la lisdexamfétamine sont des traitements soumis à une prescription médicale spécifique.

Ils nécessitent :
- une prescription initiale par un spécialiste (pédopsychiatre, psychiatre, neurologue ou médecin formé)
- une ordonnance sécurisée
- un suivi régulier.

Ce suivi permet d’ajuster le traitement, d’évaluer son efficacité et de surveiller les éventuels effets indésirables.

 

Une prise en charge qui ne se limite pas aux médicaments

Un point essentiel, clairement mis en avant par la Haute Autorité de Santé, est la place de l’accompagnement parental.

La HAS recommande des programmes d’entraînement aux habiletés parentales, notamment chez les enfants présentant des difficultés comportementales associées.

Ces approches permettent de mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant, d’ajuster les réactions au quotidien, de soutenir les comportements adaptés et de réduire les tensions.

Des travaux comme ceux de Russell Barkley ont montré leur efficacité sur le fonctionnement familial et le comportement de l’enfant.

 

Ce que change vraiment ce nouveau médicament

L’arrivée de la lisdexamfétamine en France ne révolutionne pas la prise en charge du TDAH.

Elle permet surtout d’affiner les ajustements, lorsque le premier traitement ne donne pas les résultats attendus.

Dans une pathologie où la réponse est très individuelle, cette possibilité est importante.

 

Quel est le meilleur médicament pour le TDAH ?

Il n’existe pas de réponse unique.

Le meilleur traitement est celui qui permet, pour un enfant donné, d’améliorer son fonctionnement au quotidien avec une bonne tolérance.

Et cette réponse se construit toujours au cas par cas.

 

En pratique

Dans la réalité, la question du traitement ne se résume jamais à une molécule.

Elle se pose toujours dans un contexte : celui de l’enfant, de ses difficultés, de son environnement et de ce qui a déjà été essayé.

C’est souvent à ce moment-là que les parents ont besoin d’être accompagnés, pour comprendre ce qui se joue et ajuster concrètement le quotidien.